Ce qui se cache sous les robes

 

L’intérêt porté à la fois aux vêtements, parce qu’ils sont au plus prés du corps et de son intimité, mais également à la couleur blanche, m’a tout naturellement conduite vers une série où revient, comme un leitmotiv, une représentation d’une robe de mariée.

 

Cette robe m’intéresse, à commencer par les clichés qu’elle véhicule : pour certains, elle symbolise l’univers féminin et ses préoccupations « futiles », pour d’autres elle peut être un moyen d’évoquer la femme et ses difficultés dans la société d’aujourd’hui.

 

J’ai considéré, pour ma part, qu’elle représentait l’anti-objet du quotidien : portée une seule fois dans la vie (en cas de remariage, il est rare de ressortir sa robe de l’armoire !), c’est l’élément d’un rite, d’une tradition qui perdure, même si elle évolue. Ce n’est pas un objet banal, utilitaire, mais au contraire coûteux, voire luxueux, et hautement sacralisé.  Il suffit de penser à la photo de mariage sur la télévision.

 

C’est un objet de fantasme tant à la fois féminin que masculin :

-Féminin, parce que ce jour est sensé être le plus beau. Les petites filles rêvent encore au prince charmant et à la robe qu’elles porteront le jour J.

-Masculin car elle a une forte connotation sexuelle, puisqu’« idéalement », la robe blanche symbolise la virginité féminine.

 

Cette robe de mariée a été également un moyen pour moi d’exorciser avec humour le côté dit «  féminin » de mon travail.  En effet, c’est un commentaire qui revient très souvent et qui me semble réducteur. Il ne s’agit ni de renier ou d’assumer cette féminité, le problème ne se situe simplement pas là.

 

Anne Gérard, 2007